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Situation du site Arcelor Mittal de Gandrange 

 

Par Jean-Marc Todeschini, le 24 jnvier 2008

     

M. Jean-Marc Todeschini .  - Ma question s'adresse à M. le Premier ministre, dont je relève l'absence alors qu'il est question de redonner son lustre au Parlement. (Exclamations indignées à droite)

L'industrie française va mal, le déficit du commerce extérieur atteint 40 milliards. Nous avons perdu 42 000 emplois industriels en un an, dont 11 % en Lorraine. Les décisions de Michelin à Toul, de Total à Carling, d'Inéos à Sarralbe sont emblématiques. Au Luxembourg, où le Premier ministre se rendra demain, des centaines de salariés de la sidérurgie, accompagnés d'élus, manifestent devant le siège d'Arcelor-Mittal. Le géant mondial de l'acier va en effet supprimer 600 emplois directs à Gandrange, ce qui signifie, à moyen terme, la fermeture de ce site. Au même moment, le milliardaire indien Mittal perçoit des dividendes record de 637 millions !

Pourtant, le site de Gandrange est viable et la sidérurgie a encore de l'avenir. Le Gouvernement a la responsabilité de l'accompagner. Lors de sa conférence de presse, le Président de la République n'a-t-il pas déclaré que « face à la montée en puissance de fonds spéculatifs extrêmement agressifs et de fonds souverains qui n'obéissent pas seulement à des logiques économiques, il n'est pas question que la France reste sans réagir » ? Que « la France doit protéger ses entreprises, leur donner les moyens de se défendre et de se développer » ? (« La question ! » à droite) « Une France sans industries, sans usines, sans ouvriers serait une France appauvrie. Tout ne peut pas être abandonné à un capitalisme financier livré à lui-même », a-t-il encore déclaré. (Marques d'impatience à droite) Ces belles paroles ne suffisent pas, il nous faut des actes !

Se contenter d'exiger d'Arcelor-Mittal un plan de revitalisation est une réponse inacceptable : en baissant les bras, le Gouvernement abandonne tout un territoire ! Gandrange peut être sauvé, mais les syndicats ont besoin de temps pour présenter un contre-projet industriel et social. (On s'agite à droite) Le Gouvernement va-t-il exiger de M. Mittal le gel des suppressions d'emplois envisagées ?

M. Masseret, président du conseil régional de Lorraine, a écrit au Président de la République.

Le Gouvernement va-t-il soutenir le plan lorrain de l'emploi durable, le Grenelle de l'industrie qu'il veut lancer et la solidarité nationale va-t-elle s'exercer ? (Applaudissements à gauche)

Mme Christine Lagarde, ministre de l'économie, des finances et de l'emploi .  - La différence entre vous et moi est que vous vous concentrez sur les pertes d'emploi alors que je suis aussi attentive aux créations d'emploi.

J'ai dit combien notre économie a créé d'emplois en 2007 ; elle a aussi créé 321 000 entreprises.

Nous n'avons pas attendu pour agir et pas plus tard que la semaine prochaine, le Président de la République recevra M. Lakshi Mittal, cette figure emblématique qui a racheté le site pour un franc symbolique en 1999 et y a maintenu 1 000 emplois. Le groupe Mittal a tenu à 47 % les engagements qu'il avait pris de créer 2 000 emplois et il en tiendra l'intégralité, nous y veillerons très attentivement. J'ajoute que le groupe s'est engagé à replacer tous les salariés concernés. (Applaudissements à droite)

 

COMMUNIQUE DE PRESSE (faisant suite à la réponse de la Ministre)

 

(25/01/2008) -  Alors que des milliers de personnes manifestaient ce jour devant le siège d'Arcelor Mittal au Luxembourg, j'interpellais le gouvernement sur les suppressions d'emplois annoncées par le géant mondial de l'acier sur le site de Gandrange.

 

J'ai demandé au Gouvernement s'il allait accéder à la demande unanime des salariés et des élus d'exiger de Monsieur Mittal le gel des décisions de suppressions d'emplois. Je lui ai également demandé s'il comptait accompagner le Plan Lorrain à l'Emploi Durable que le Président du Conseil Régional de Lorraine souhaite mettre en place pour rétablir la Lorraine dans son rôle de grande région industrielle.

 

Madame Lagarde, Ministre de l'Economie, des Finances et de l'Emploi qui répondait à la place du Premier Ministre parti à Davos, n'a pas souhaité répondre à ma deuxième question et a éludé la première.

 

Les propos de Madame la Ministre, qui traduisent le peu d'intérêt du Gouvernement UMP de se saisir à bras le corps de ce problème de désindustrialisation, sont scandaleux.

 

Il ne suffit pas de faire la une de tous les quotidiens en annonçant une rencontre au sommet entre le Président de la République et Monsieur Mittal. Les lorrains dans leur ensemble ont besoin de réponses claires et non de poudre aux yeux.

 

Le gouvernement se moque des salariés de Gandrange. Madame Lagarde en guise de réponse à mes questions a tenu à  rappeler  que Monsieur Mittal avait racheté pour un franc symbolique en 1999, un site dont personne ne voulait, qu'il y avait, d'après elle, investi pour maintenir de nombreux emplois. Lors de la reprise d'Arcelor, elle a affirmé que le gouvernement avait demandé à Monsieur Mittal de tenir un certain nombre d'engagements et que déjà 45 % d'entre eux étaient remplis.
Pour la Ministre, le gouvernement surveille attentivement la tenue de ces engagements et elle a souligné que dans le cadre de la procédure du Livre IV, le groupe s'est engagé à reclasser l'ensemble des salariés.

Bref, tout va bien Madame la Marquise...et de quoi les sidérurgistes concernés et les élus qui les soutiennent se plaignent-ils?

Chacun pourra apprécier le peu de déterminisme et de sincérité dont fait preuve le Président de la République et son Gouvernement dans ce dossier.

 

 

 


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